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Sommes-nous obligés de rapporter un souvenir de vacances ?

Posted on by Julie d'ABaBricABrac

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Il y a quelques jours, je suis rentrée d’un séjour à Strasbourg en amoureux avec… deux kougelhopfs. Un pour nous, et un pour ma mère (qui a gardé les enfants pendant notre escapade).

Et c’est tout.

Pas de magnet avec la cathédrale, une cigogne ou encore une maison à colombages. Pas de porte-clé. Pas de mug. Pas de tote-bag. Pas de petit cadeau pour les enfants.

Quelques semaines plus tôt, on était en famille au Puy du Fou. Là, on n’a absolument rien rapporté.

Et en y réfléchissant, cela fait déjà longtemps que l’on fonctionne ainsi. On ne rapporte plus systématiquement de souvenirs matériels de nos vacances.

Pourtant, rapporter un souvenir paraît presque indissociable des vacances.

On s’offre un petit quelque chose pour se faire plaisir. On rapporte un cadeau aux enfants, aux parents, aux amis. Et puis, bien sûr, on choisit un objet qui nous permettra de nous souvenir de ce voyage, de ce week-end, de cet endroit particulier.

Mais avons-nous réellement besoin de rapporter quelque chose de chaque endroit où nous allons ?

Et surtout, pourquoi le faisons-nous ? 

Rapporter un souvenir : une tradition presque automatique

Magnets, porte-clés, mugs, stylos, t-shirts, casquettes, torchons, maniques, cuillères en bois, boules à neige, tote-bags… Les boutiques de souvenirs regorgent de petits objets estampillés du nom, du monument ou du symbole de l’endroit que nous visitons.

Ils ne coûtent généralement pas très cher. Ils sont faciles à glisser dans une valise. Et ils permettent de se faire un petit plaisir ou de faire plaisir à quelqu’un. Alors pourquoi pas ?

Le problème n’est évidemment pas d’acheter un magnet parce qu’il nous plaît vraiment ou un t-shirt que nous avons envie de porter.

Ce qui m’interroge davantage, c’est l’automatisme. Cette idée qu’un voyage ou des vacances doivent nécessairement s’accompagner d’un souvenir matériel.

Il y a celui que l’on achète pour soi : « Tiens, ça nous rappellera nos vacances ! » Et il y a ceux que l’on rapporte aux autres. Parce qu’on a pensé à eux. Parce qu’on veut leur faire plaisir. Mais aussi, parfois, simplement parce que c’est devenu une habitude.

Les enfants attendent leur petit cadeau. Les parents ou grands-parents ont toujours eu le leur. On a pris l’habitude de rapporter quelque chose aux collègues, au voisin qui a nourri le chat ou à l’amie qui a arrosé les plantes.

Et finalement, on entre dans une boutique en se demandant non plus si l’on va acheter quelque chose, mais quoi acheter.

Sans vraiment se demander si la personne en a envie. Ni si elle en a besoin. Et sans toujours se demander si, nous-mêmes, nous avons réellement envie de posséder cet objet.

Ces petits souvenirs qui finissent par encombrer

Un magnet, franchement, ça n’encombre pas une maison. Un porte-clé non plus. Un stylo encore moins.

Mais un souvenir de vacances a une particularité : il est rarement seul.

Il y a celui du week-end à Londres, celui des vacances en Bretagne, celui rapporté de Rome, celui offert par Tata Brigitte après son séjour en Grèce, celui choisi par le petit dernier pendant les vacances d’été… Et les années passent…

Dans mon métier de home organiser, je vois régulièrement des réfrigérateurs presque entièrement recouverts de magnets de toutes les tailles, de toutes les formes et de toutes les couleurs.

Pris individuellement, certains sont très jolis. Mais mis les uns à côté des autres, ils créent énormément d’informations visuelles dans une pièce qui en contient déjà beaucoup. On parle alors de « bruit visuel » ou de « pollution visuelle ». 

Et il suffit parfois de retirer tous ces magnets pour avoir l’impression que la cuisine respire à nouveau.

Le frigo n’a pas changé. La cuisine n’a pas changé. Nous n’avons même pas gagné de place dans les placards. Et pourtant, visuellement, la pièce paraît déjà plus légère.

Il y a aussi tous ces souvenirs supposés « utiles » : le porte-clé, le stylo, le torchon, la manique, le tote-bag…

Mais en avons-nous réellement besoin ?

Combien de porte-clés utilisons-nous au quotidien ? Combien de stylos avons-nous déjà dans nos tiroirs ? Combien de tote-bags attendent leur tour dans un placard ou dans le fameux sac à sacs ?

Un objet utile n’est réellement utile que s’il est réellement utilisé.
Sinon, il reste simplement… un objet de plus.

Comme pour la question de l’encombrement de ces objets, l’aspect financier est également intéressant. Quelques euros dépensés dans une boutique de souvenirs ne vont probablement pas déséquilibrer notre budget vacances. Ces petits souvenirs ont généralement un prix raisonnable, mais leur coût peut également finir par s’additionner lorsque nous en achetons pour nous, pour les enfants, les parents, les proches…

Quelques euros par-ci, quelques euros par-là, pour des objets dont certains finiront peut-être au fond d’un tiroir. Mis bout à bout, tous ces petits achats finissent par représenter une certaine somme.

Alors, avant d’acheter, peut-être pouvons-nous simplement nous demander : est-ce que cet objet me fait réellement plaisir (ou fera réellement plaisir à la personne à qui je le destine) au point de lui consacrer à la fois une partie de notre budget et une partie de l’espace de notre maison ?

« Je le garde pour me souvenir »

Quand j’accompagne mes client·es dans le tri de leurs affaires, il y a une phrase que j’entends régulièrement :

« Je le garde parce que ça me rappelle… »
Un voyage, une personne, une période de leur vie, un moment particulier.
Et je comprends parfaitement cette réponse.

Cette peur d’oublier explique d’ailleurs pourquoi certaines personnes ont autant de mal à se séparer des objets chargés émotionnellement. J’ai d’ailleurs déjà consacré un article au profil du “bordélique sentimental” et à son rapport particulier aux objets et aux souvenirs.

Les objets ont cette capacité étonnante à nous ramener ailleurs.

Il suffit parfois de regarder un objet pour qu’une image revienne, qu’une anecdote ressurgisse, qu’on se souvienne de la personne avec laquelle on était ou de ce qui s’est passé ce jour-là. C’est d’ailleurs pour cela que nous les appelons des « souvenirs ».

Ils deviennent des supports matériels de notre mémoire.

Mais cela soulève une question qui me semble intéressante : Avons-nous besoin de posséder un objet pour conserver le souvenir qui lui est associé ?

Je n’ai pas de réponse universelle à cette question.

Et je serais bien mal placée pour vous expliquer qu’il faudrait se débarrasser de tous les objets rapportés de voyage.

J’ai moi-même chez moi des objets de décoration rapportés de mes plus ou moins longs séjours au Mali et au Sénégal. Certains sont encore là. Et pour être tout à fait honnête, pour quelques-uns d’entre eux, j’hésite encore aujourd’hui à m’en séparer.

Ils ne sont pas indispensables. Je pourrais parfaitement vivre sans eux. Mais ils sont liés à une période particulière de ma vie, à des lieux, à des personnes, à des expériences que j’ai vécues. Alors je les garde encore un peu. 

Peut-être qu’un jour je serai prête à m’en séparer. Peut-être pas.
Et ce n’est pas grave.

Parce que l’objectif n’est pas d’avoir une maison débarrassée de tout objet chargé d’émotion. La question est plutôt de savoir quels objets comptent réellement pour nous.

Tous les souvenirs de vacances ne se valent pas

On ne rapporte donc plus systématiquement de souvenirs matériels de nos vacances. Mais presque ne veut pas dire jamais.

Il nous arrive encore d’en acheter, notamment lorsque nous faisons un voyage, qui compte particulièrement pour nous, que l’on a un véritable coup de cœur pour un objet ou que les enfants ont réellement envie de rapporter quelque chose. Et je ne vois aucun problème à cela.

Parce qu’à mes yeux, tous les souvenirs de vacances ne se valent pas.

Un objet choisi avec envie, qui nous plaît vraiment et auquel nous associons un voyage ou un moment important, n’a pas la même signification qu’un souvenir acheté presque machinalement parce que l’occasion se présente.

À la fin d’une visite, par exemple, il n’est pas rare que le parcours nous conduise directement dans la boutique de souvenirs. Tout est là pour prolonger un peu l’expérience et nous donner envie d’en rapporter une petite trace chez nous. Et finalement, sans même avoir prévu d’acheter quoi que ce soit, on peut facilement repartir avec « un petit souvenir ».

Le problème n’est évidemment pas de craquer pour un objet qui nous plaît vraiment. Mais peut-être pouvons-nous simplement nous demander si nous l’aurions autant désiré si nous ne nous étions pas retrouvés, à cet instant précis, au milieu d’une boutique de souvenirs.

Il ne s’agit donc pas de décréter que les souvenirs de vacances sont inutiles et qu’il faudrait désormais s’interdire d’en acheter. Ce serait passer complètement à côté de la question.

Il s’agit plutôt de sortir de l’automatisme.

C’est finalement la même réflexion que pour les équipements de vacances : avant d’acheter, prendre quelques instants pour questionner son besoin et sortir du réflexe d’achat automatique.

Avant d’acheter, on peut simplement se demander :

Est-ce que cet objet me plaît vraiment ?
Est-ce que j’ai envie de le voir, de l’utiliser ou de le porter une fois rentré·e chez moi ?
Est-ce que la personne à qui je souhaite l’offrir sera réellement contente de le recevoir ?
Ou est-ce que je suis simplement en train de chercher « un souvenir » parce que j’ai l’habitude d’en rapporter de mes vacances ?

Parfois, la réponse sera : « Oui, je le veux vraiment. »
Alors pourquoi s’en priver ?

Et parfois, on reposera peut-être le magnet.

Un souvenir n'a pas forcément besoin d'être un objet

De Strasbourg, on a donc rapporté deux kougelhopfs. Je t’avoue qu’ils ont eu une durée de vie nettement plus courte qu’une boule à neige ! Mais cela nous a permis de prolonger un peu le séjour une fois rentrés et de faire découvrir une spécialité locale à ma mère.

Rapporter quelque chose à manger peut être une jolie manière de faire plaisir ou de retrouver un peu de ses vacances à la maison (lorsque la destination et les conditions de transport le permettent bien-sûr), sans encombrer inutilement notre espace de vie.

Mais là encore, il ne s’agit pas de remplacer systématiquement le magnet par un paquet de biscuits locaux.

Parce que nous pouvons aussi… ne rien rapporter.

Du Puy du Fou, nous sommes revenus les mains vides. Cela ne rend pas notre séjour moins important.

On a vécu les mêmes moments. On a les mêmes anecdotes à raconter. On a pris des photos. On se souviens des spectacles que l’on a préférés, de ceux qui nous ont moins convaincus, des journées passées ensemble.

Aucun objet supplémentaire n’était nécessaire pour rendre ces vacances plus réelles.

Un souvenir peut aussi être une simple photo. À condition peut-être de ne pas en accumuler des milliers sans jamais les regarder ! Le tri et l’accumulation des photos numériques sont encore un autre (vaste) sujet…
Un souvenir peut être une anecdote que l’on racontera encore plusieurs années plus tard. Il peut être le goût d’une spécialité découverte sur place, une expérience vécue ensemble ou simplement cette petite phrase qui revient parfois :

« Tu te souviens quand… ? »

Et peut-être qu’un souvenir peut aussi simplement… rester un souvenir, sans nécessiter un objet pour nous en rappeler. Nous n’avons peut-être pas systématiquement besoin de rapporter une preuve matérielle de chaque endroit où nous sommes passés.

Et cette réflexion ne concerne d’ailleurs pas uniquement les souvenirs que nous achetons. Tickets, billets, prospectus et autres petites traces de nos voyages peuvent eux aussi s’accumuler au fil des années. Pourquoi ressentons-nous ce besoin de conserver autant d’objets liés à notre passé ?

Et si nous choisissions nos souvenirs ?

Je n’ai aucune envie d’arrêter d’acheter des souvenirs de vacances. Et encore moins de te conseiller de jeter tous ceux que tu as accumulés au fil des années.

Certains nous font sourire. Certains nous rappellent une période importante de notre vie. Certains sont beaux, aimés, utiles et utilisés. 

Mais pour les prochains ?

Peut-être pouvons-nous simplement nous accorder quelques secondes avant de passer à la caisse.

Un petit pas de côté, simplement.
Et si cette fois-ci, la réponse était de rentrer les mains vides, ce serait très bien aussi.

Et vous, quel souvenir de vacances avez-vous rapporté il y a des années et auquel vous tenez encore vraiment aujourd’hui ?

Je suis curieuse de découvrir vos réponses en commentaire. 🔽

  
 
 

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Julie Dermaut - ABaBricABrac
Je m'appelle Julie. Malgré un lourd passé de bordélique, je suis aujourd'hui Home-Organiser, experte en désencombrement et rangement. Comment c'est possible ? Clique sur ma photo, et je t'explique tout !

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